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Connecter Mac OS X aux PC Windows

Par Wei-Meng Lee, le 19/11/2002

Traduit par Olivier, le 20/11/2002

Les utilisateurs de Mac doivent souvent échanger des fichiers avec des machines Windows, au travail et à la maison. De façon occasionnelle, des solutions portables comme les disques ZIP ou carte mémoire USB fonctionnent bien, mais pour une utilisation quotidienne un réseau cross-plateforme est plus robuste. Apple à intégré dans Mac OS X les technologies qui rendent le transfert de fichiers entre plateformes très aisé. Et avec la venue de Mac OS X 10.2, l’intégration réseau et encore plus facile.

Dans cet article, nous verrons comment il est possible de partager des fichiers entre Mac et Windows, et comment il est possible d’exécuter des applications Windows sur Mac OS X. Tous les exemples dans cet article ont été testés avec la version 10.2.1 du système d’exploitation.

Configuration des Systèmes

Je possède un eMac et un Pentium 4 (un portable HP). J’utilise un cable Ethernet pour les connecter directement. Ce qui est pratique ici c’est que je peux utiliser un simple câble pour connecter les deux machines, et mon eMac détecte automatiquement qu’il est connecté au PC. Il n’y a pas besoin d’un câble croisé dans ce cas.

Voir les fichiers PC depuis le Mac

La première chose que je veux essayer après avoir connecté mes deux machines est d’échanger des fichiers. Sur mon PC, j’ai créé un fichier et je l’ai mis en partage en utilisant le nom MacShare. Sur mon Mac, je veux avoir accès à ce dossier partagé. Pour se connecter au dossier partagé, sélectionnez Allez depuis le menu Finder et cliquez sur Se connecter à un serveur.

Boite de dialogue Connect to server
Figure 1. Connection au PC serveur possédant le dossier partagé

Vous devriez voir le nom du PC affiché comme dans l’image Figure 1. Sélectionnez le PC et cliquez sur Connecter.

Le système vous demandera d’entrer le nom d’utilisateur et mot de passe pour vous connecter au PC (domaine/workgroup, nom utilisateur et mot de passe).

MacShare Icon
Figure 2. Affichage sur le Mac du dossier partagé sur le PC

Voir les Fichiers Mac depuis le PC

Puisque Mac OS X 10.2 (Jaguar) intègre un serveur SMB/CIFS (Samba version 2.2.3a), voir les fichiers Mac depuis le PC se fait sans problème. Vous pouvez utiliser Network Neighborhood (Voisinage Réseau) pour voir les dossiers partagés depuis votre Mac. Pour cela, vous devez activer Windows File Sharing (Partage de Fichier Windows) sur votre Mac (comme sur la figure 4), et sélectionner Allow users users to log in (Autoriser les utilisateurs à se connecter) dans l’option Windows (voir Figure 3). Si le compte que vous créez est le vôtre, vous aurez besoin d’entrer votre mot de passe dans le champ Current Password (Mot de Passe Actuel) avant de de pouvoir activer la case.

SMB signifie Server Message Block (Bloc de Message Serveur). C’est un protocole simple créé pour permettre le partage de fichiers et d’imprimantes dans un petit réseau. SMB a depuis été renommé CIFS, ou Common Internet File System (Système de Fichier Internet Commun). Mac OS X 10.1 n’intègre que le client SMB, et donc vous ne pouvez utiliser SMB que pour voir les fichiers sur le PC et pas l’inverse. Mac OS X 10.2 intègre le client et le serveur SMB, et permet donc aux utilisateurs de PC de voir les fichiers sur un Macintosh. Pour plus d’informations sur SMB et Mac OS X, prenez connaissance du HOWTO Mac OS X et SMB.

User accounts
Figure 3. Authoriser les utilisateurs Windows à voir le dossier partagé d’un utilisateur particulier dans Mac OS X.

En plus de cette méthode, il existe deux autres alternatives pour partager des fichiers entre Mac et PC qui sont Web Sharing et FTP.

Pour utiliser Web Sharing (qui utilise le serveur Web Apache intégré), vérifiez l’option Personal Web Sharing (Partage Web Personnel) dans la catégorie Partage (Figure 4) dans la fenêtre Préférences Système. De même, pour autoriser l’accès FTP, vérifiez l’option FTP Access (Accès FTP). Par défaut, le dossier exposé par le serveur Web est Sites (dans le répertoire home de l’utilisateur).

Partage Web et FTP
Figure 4. Vous pouvez partager vos fichiers par Web Sharing et FTP

Cependant, les services FTP exposent le répertoire home de l’utilisateur. Ainsi, pour partager n’importe quel fichier du Mac, copiez le simplement dans le répertoire donné et il pourra être accédé par FTP ou Internet.

répertoire home
Figure 5. Répertoire home de l’utilisateur.

Pour accéder les fichiers du Mac par FTP, vous pouvez utiliser la ligne de commande dans Windows en tapant la commande suivante:

C:\>ftp

Vous pouvez conaître l’adresse IP de votre Mac dans Préférences Système–>Réseau–>TCP/IP

Accès FTP depuis Windows
Figure 6. Utilisation de FTP dans la fenêtre de commande (Windows).

Pour le Partage Web Personnel, vous pouvez utiliser votre nagivateur internet, et entrer l’adresse IP du Mac, suivie de ~/username.

Vue d'écran
Figure 7. Accéder les dossiers du Mac en utilisant Web Sharing.

Contrôler le PC à distance depuis le Mac

Photo d'écran
Figure 8. Utilisation de la connection à distance pour se connecter à Windows

Partager des fichiers entre Mac et PC c’est bien, mais pas suffisant pour moi. Ce serait mieux si je pouvais lancer sur le Mac mes applications PC favorites. Comme exécuter des applications Windows directement sur le Mac est techniquement impossible, il y a deux autres façons qui s’en rapprochent. La première façon est d’afficher l’écran du PC sur le Mac. Microsoft fournit Remote Desktop Client (RDC) pour cela. La deuxième façon (discutée dans une autre section) est d’utiliser un logiciel qui émule le Système d’Exploitation Windows.

L’application RDC vous permet de connecter votre Mac au réseau et de contrôler votre PC Windows à distance. Pour évaluer RDC, je l’ai téléchargé et utilisé pour me connecter à mon Windows 2000 Advanced Server (W2KAS). Pour utiliser RDC, vous devez avoir installé Terminal Services sur le système Windows.

vue d'écran
Figure 9. Spécification du serveur Windows auquel se connecter.

Sur la fenêtre de connection RDC (voir la Figure 9), voud pouvez spécifier les détails de login, taille écran, configuration des touches, etc…. Vous pouvez utiliser l’adresse IP, le nom de machine ou le nom netbios pour vous connectez au PC Windows. Comme RDC dépend de Terminal Services, vous pouvez vous connecter à toutes les versions de Windows qui supportent Terminal Services, telles que :

  • Windows 2000 Server
  • Windows 2000 Advanced Server
  • Windows XP

Si la connection est un succès, vous devriez voir l’écran familier de Windows :

vue d'écran
Figure 10. Utilisation de RDC pour se connecter à Windows 2000 Advanced Server.

Ce qui est pratique avec RDC, c’est que vous pouvez créer plusieurs instances de Windows tout en n’utilisant qu’une seule machine Windows. Bien que RDC n’effectuera qu’une seule connection à la fois, il existe une astuce que vous pouvez utiliser : dupliquer l’application RDC, et utiliser l’original pour une session, et la copie pour l’autre :

Vue d'écran
Figure 11. Dupliquer RDC.

Dans la Figure 12, j’ai deux instances séparées de Windows 2000 Advanced Server qui sont lancées.

vue d'écran
Figure 12. Avoir plusieurs instances de Windows avec RDC.

Au niveau des performances, RDC est relativement rapide. Il convertit efficacement les touches de caractères frappées entre le Mac et le PC, et je n’ai aucun problème pour utiliser mes touches Contrôle et Alternate habituelles (en utilisant la touche Option sur le Mac) quand je commande le PC à distance. Utiliser des applications très gourmandes en processeur comme Visual Studio .NET n’a aucun effet sur les performances du Mac puisque toute l’activité est effectuée sur le PC Windows. Je n’ai également aucun problème pour utiliser mes applications habituelles comme Word, Powerpoint, Adobe Acrobat, etc…

Cependant, quand deux ou plusieurs instances de Windows sont créées, les performances se dégradent de façon significatives. Mais c’est le problème avec Windows serveur, parce que de multiples clients se connectant à Terminal Services utilisent beaucoup de ressources. Et mon portable équipé de 512 Mo de RAM et d’un processeur à 1GHz ne semble pas pouvoir supporter la charge.

Virtual PC

Si vous ne possédez pas une seconde machine Windows à laquelle vous connecter, ou si vous êtes en déplacement avec votre seul portable Macintosh, une autre option est Virtual PC de Connectix Virtual PC émule le processeur et le matériel du PC permettant à Windows, Linux et d’autres systèmes d’exploitation de fonctionner. Virtual PC est disponible en deux versions: avec ou sans système d’exploitation. (Pour être honnête, ce dernier est DOS). Si vous êtes déjà en possession d’une licence non utilisée du système d’exploitation que vous comptez utiliser, vous pouvez acheter Virtual PC avec DOS pour 129 dollars sur la boutique Connectix (http://www.connectix.com/shop/) et installer votre système d’exploitation. Si vous choisissez une livraison électronique, vous pouvez le télécharger et l’installer tout de suite (l’image disque fait environ 12Mo). Après avoir installé Virtual PC, vous devrez vous rendre sur le site Connectix pour vérifier les mises à jour. Au moment de la rédaction de cet article, la version la plus récente est la 5.0.4.

Si vous achetez un système d’exploitation avec Virtual PC, vous pourrez l’utiliser tout de suite. Si vous achetez la version qui n’inclut que DOS, vous devrez installer Windows. Pour savoir comment installer un autre système d’exploitation, lisez la documentation dans le dossier /Applications/Virtual PC 5.0/Extras/Installing Other OSes/.

Windows XP fonctionne bien sous Virtual PC (voir Figure 13), mais vous devez l’optimiser de façon importante pour obtenir les meilleures performances. Beaucoup de mémoire (256Mo est correcte pour Windows XP Professional), et vous devriez consulter le document “Optimizing Windows XP Professional and Home Edition For Connectix Virtual PC” qui est disponible ici. En plus des astuces données dans ce document, nous vous suggérons fortement de limiter le nombre de services utilisés. TechSpot.com a un bon article sur le sujet, ainsi que ExtremeTech.

Vue d'écran
Figure 13. Windows XP fonctionnant sous Virtual PC

Niveaux de performance avec Virtual PC et RDC

Alors quel est le meilleur environnement pour faire tourner Windows XP entre Virtual PC et RDC ? Pour le savoir, nous avons choisi un test très gourmand en temps processeur et accès disque : compiler le source partagé du CLI de Microsoft. Nous avons effectué le test sur un PC 800Mhz et un iBook 600Mhz avec différentes variantes de Mac OS X et Virtual PC.

Processeur

MHz

RAM physique

RAM MV

Mac OS

Durée

Pentium III

800

256

n/a

(RDC depuis 10.2.1)

0:15

Pentium III

800

256

n/a

n/a

0:15

G3

600

640

256

9.2.2

1:38

G3

600

640

256

10.1.5

2:02

G3

600

640

256

10.2.1 6D52

2:03

G3

600

640

128

10.2 6C115

3:09

G3

600

640

256

10.2 6C115

3:27

La colonne Processeur contient la liste des processeurs de la machine en test, et la colonne Mhz indique la vitesse. La RAM physique indique la quantité de RAM installée dans le système, et la RAM MV indique combien de mémoire est allouée à la machine virtuelle (dans le cas du Pentium avec Windows XP, nous n’avons pas de chiffre). La durée est affichée en heures:minutes.

Les mauvaises performances obtenues avec la version initiale de Jaguar (10.2, version 6C115) sont dûes à des bugs qui ont été corrigés dans la version 10.2.1. Alors si vous voulez utiliser Virtual PC sous Jaguar, assurez-vous d’avoir un système à jour, en utilisant Mise à jour logiciel dans Préférences Système.

Notre Verdict

D’après les durées, vous vous rendez compte que faire tourner les applications sur un vrai PC est ce qu’il y a de mieux. 10.1.5 et 10.2.1 sont très proches, mais en utilisant 9.2.2 on gagne 25 secondes sur la compilation. Toujours est-il que les performances sont très décevantes comparées à un vrai PC. Pour une utilisation quotidienne, Virtual PC n’est pas très réactif. Par exemple, lancer Visual Studio .NET nécessite 1 minute et 19 secondes en utilisant Virtual PC sous Jaguar 10.2.1. En revanche il suffit de 28 secondes sur le Pentium III. Pour être honnête, une fois que l’application est lancée les performances sont adéquates.

Vous pouvez supporter Virtual PC, spécialement si vous êtes prêts à faire des concessions. Par exemple au lieu d’utiliser Visual Studio .NET, vous pouvez utiliser Notepad ou un autre éditeur plus léger pour éditer des programmes .NET, et les compiler depuis la ligne de commande (cl, csc, vbc et jsc). Avec ces petits ajustements, la vie avec Virtual PC n’est pas si dramatique.

Pour résumer, Virtual PC est le meilleur choix pour les personnes qui doivent utiliser leur Macintosh en déplacement. Mais lorsque les bornes d’accès 802.11b seront plus répandues, et que les réseaux 3G seront plus développés, il ne serait pas complètement déraisonnable d’utiliser une connection en Réseau Virtuel Privé (VPN) en conjonction avec RDC pour se connecter au serveur Windows de la maison ou de la société.

Textes originaux en anglais sur O’Reilly : Connecter Mac OS X et Windows, Part 1 par Wei-Meng Lee et Brian Jepson

opoppon Intégration Mac OS X - Windows ,

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