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Shareware, mode d’emploi - Partie 2

Par Sanford Selznick, le 08/10/2002

Traduit par Eric Arlotti, le 27/03/2003

La dernière fois, nous avons avancé quelques idées sur la création et la vente de sharewares : qu’est ce qu’un shareware, combien cela coûte pour se lancer, comment développer une idée, quelle stratégie commerciale adopter…

Nous allons maintenant exposer quelques concepts de base pour écrire du code facilement maintenable, tester un programme, assembler un produit fini, écrire un “Lisez moi”, commercialiser et distribuer un logiciel.

Alimenter le cycle de vie du shareware

Précédemment, nous avons vu ce qu’était le cycle de vie d’un shareware. Nous avons appris comment chaque mise à jour peut apporter une notoriété plus grande du logiciel auprès du public. Et nous avons appris comment une notoriété plus grande peut générer plus de ventes. Alors voici un élément clé dans le cycle de vie d’un shareware : la mise à jour. Plus vous faites de mises à jour, plus vous récolterez de notoriété auprès du public et, au final, plus vous réaliserez de ventes. A cette fin, les développeurs de sharewares devront créer des stratégies à long terme pour mettre à jour leurs logiciels à un rythme raisonnable pour préserver ce cycle.

BIEN se souvenir que chaque nouvelle mise à jour relancera l’intérêt pour votre produit.

BIEN écouter ses utilisateurs.

PAS BIEN avoir une version 1.0 trop compliquée. Cela multiplierait les risques de plantage et vous obligerait à passer trop de temps à la développer.

Une grosse société qui crée des logiciels a l’avantage de disposer de dizaines de programmeurs, de testeurs et de commerciaux. Une société d’une personne n’a pas ce luxe. Mais pour l’aider, il y a un vieil adage d’ingénieur qui dit “faites simple, stupide”. Mais cela est quelque peu dévalorisant, alors l’auteur de ces lignes lui préfère “faites simple, sans prétentions”. Et cela s’applique parfaitement pour le shareware.

Une bonne stratégie à long terme pour développer un shareware est de garder la version 1.0 aussi basique que possible. Écrivez seulement les fonctionnalités de base du logiciel, le juste nécessaire pour fournir un nombre minimal de fonctions à l’utilisateur. Regardez MoonMenu, l’un des sharewares écrit par l’auteur de ces lignes. La version 1.0 ne faisait pas autre chose que calculer les phases lunaires en fonction de la date et afficher la Lune dans la barre de menus, ainsi que quelques calculs relativement peu complexes. À partir de ça, peu à peu, des fonctionnalités ont été ajoutées pour étoffer le logiciel, au rythme d’une ou deux nouvelles fonctionnalités par mise à jour.

À lire aussi:

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Mode d’Emploi, Partie 3

Dans le dernier volet de cette série, Sanford Selznick nous expose les tenants et les aboutissants des systèmes de paiement, du marketing et de la distribution d’ une application. Des informations très sérieuses, aussi utiles pour les développeurs débutants que pour les plus expérimentés.

Shareware
Mode d’Emploi, Partie 1

Dans la première partie, Sanford Selznick établit les fondations sur lesquelles vous pourrez construire votre future société de logiciels.

Il y a pas mal d’avantages à muscler le logiciel petit à petit.
Les voici énumérés :

  • Une version 1.0 minimale signifie un code réduit sur lesquels les développeurs peuvent se concentrer et qu’ils pourront peaufiner pour de futures modifications.
  • Moins de code et peu de fonctionnalités, cela se traduit par moins de complexité et moins de bugs potentiels.
  • Un auteur saura rapidement si un produit vaut la peine d’être développé. Si la version 1.0 échoue lamentablement, il y a des chances que les versions 1.1 et 2.0 ne fassent pas mieux. Si la version 1.0 est minimale, vous n’aurez pas trop perdu de temps à écrire trop de fonctionnalités.
  • Vous pouvez solliciter vos utilisateurs sur la direction à suivre pour les prochaines versions. Après tout, qui sait mieux qu’eux ce qu’ils veulent ? En établissant une relation quasi symbiotique avec vos utilisateurs, vous obtenez l’outil marketing parfait. Vos utilisateurs auront les fonctionnalités qu’ils désirent, l’auteur connaîtra les fonctionnalités que les utilisateurs désirent, et tout le monde sera content. Vous devez vous répéter ça sans arrêt : écoutez vos utilisateurs.
  • Vous ne perdez pas de temps à développer des fonctionnalités dont les utilisateurs ne veulent pas.

Écrire le logiciel

BIEN avoir un code propre.

BIEN se rendre compte que, bien que certains systèmes d’exploitations ont une part de marché plus importante, cela ne signifie pas nécessairement que les ventes seront plus importantes.

BIEN écouter ses utilisateurs.

PAS BIEN demander à d’autres développeurs de tester votre logiciel.

Il existe plein d’excellents bouquins sur le marché qui détaillent des techniques géniales pour réutiliser du code, bien tester ses logiciels, utiliser des outils de contrôle de versions et plus encore. Achetez les. Lisez les. Mais cet article n’a pas pour but de discuter de cela. Voici cependant une petite liste de choses à garder en tête lorsqu’on veut écrire un shareware:

  • Gardez votre code aussi propre que possible.
  • Exploitez les avantages de votre langage de programmation pour vous permettre de réutiliser le code chaque fois que cela est possible.
  • Adoptez le plus de standards possibles pour vous assurer que le logiciel sera compatible avec les futures versions du système d’exploitation.
  • Au moment de choisir un système d’exploitation, ayez conscience qu’un marché plus large ne générera pas forcément plus de ventes. Il y a tellement plus de logiciels disponibles pour Windows que pour Macintosh qu’il pourra être difficile de se faire une place dans le monde WinTel. C’est ainsi que beaucoup de sharewares Macintosh font mieux que leurs équivalents sous Windows.
  • Si votre logiciel demande la collaboration de logiciels tiers, assurez vous d’avoir tout ce dont vous avez besoin. Des malentendus peuvent retarder ou même empêcher la sortie de certains produits.
  • Tout le code que vous mettrez dans la version 1.0 constituera les fondations pour toutes les prochaines versions. Donc, tout le temps passé sur une meilleure conception vous aidera à rationaliser vos efforts futurs.
  • Pour régler finement votre logiciel, observez un ami ou un parent en train de l’utiliser pour la première fois. S’il est perdu, vos utilisateurs le seront aussi. Écoutez toutes les remarques et modifiez votre logiciel là où c’est nécessaire. Évitez de demander à des programmeurs professionnels de tester votre logiciel (sauf si c’est un outil de développement. :-) Et, nous ne le répéterons jamais assez : écoutez vos utilisateurs.
  • Assurez vous que tous vos messages d’erreurs sont suffisamment clairs et compréhensibles. Un message tel que “Erreur –37″ ne va pas aider vos utilisateurs et va générer plus de travail en assistance.

Calendrier des mises à jours

Combien de mises à jour un auteur de logiciels doit il prévoir ? Il n’y aucune formule pour le déterminer, il faut seulement tenir compte de choses telles que votre capacité de travail ou la demande du marché. Naturellement, vous ne pourrez pas sortir des mises à jour plus vite que le temps que vous mettrez à les écrire et à les tester. Vous serez aussi limités par la patience de vos utilisateurs et des médias. Bien que la plupart accepteront avec bienveillance vos annonces de nouvelles versions, il y a quand même des limites. On considère généralement que plus d’une mise à jour par mois peut faire atteindre ces limites. Si nécessaire, une mise à jour d’urgence en milieu de mois peut être considérée comme acceptable. Vous devriez penser à ne pas envoyer d’annonces de modifications ou de corrections mineures aux médias ou aux clients pour ne pas les agacer. Une fois que les relations sont interrompues, cela peut se révéler très difficile de les renouer.

Les communiqués de presse sont exposés plus en détails un peu plus loin dans cet article.

Les tests

Il y a plusieurs façons de trouver de bons testeurs. Certains auteurs choisiront de diffuser des versions bétas de leur logiciel au public. D’autres se reposeront sur leurs amis ou la famille.

Quoique vous choisissiez, essayez de tester le plus de scénarios possibles sur le plus de configurations possibles.

BIEN tester toutes les facettes du programme sur le plus de configurations possibles.

BIEN s’assurer que le logiciel se termine proprement si la configuration minimum n’est pas présente.

PAS BIEN oublier de vérifier les éléments de l’interface utilisateur.

En tant qu’auteur de sharewares, dites vous que vous ne travaillez pas en vase clos. Les meilleurs testeurs pour quelque logiciel que ce soit, ce sont les utilisateurs eux-mêmes. Il y a plein d’utilisateurs qui ont du savoir-faire. Certains savent utiliser des debugeurs bas niveau, et certains savent même interpréter des fichiers de traces. Ce sont les testeurs à rechercher en priorité. Proposez d’ajouter leurs noms sur la boîte du produit ou donnez leur une version gratuite.

Il existe aussi des sociétés tierces qui testent des logiciels contre rémunération selon des tarifs horaires. Si vous avez des soucis de contrôle qualité, les gens de MacTester peuvent vous aider. MacTester dispose de beaucoup de configurations et leurs tarifs sont tout à fait raisonnables. Leurs rapports de tests sont également très détaillés.

Cela figurera dans le pense-bête à la fin de cette série d’articles, mais ça ne peut pas faire de mal de le dire deux fois : si vos versions de développement ou versions bétas ont une date d’expiration, n’oubliez pas d’enlever le code qui gère cette date avant de diffuser la version finale.

Autre chose : rappelez vous de bien vérifier vos éléments d’interface utilisateur.

Le format de téléchargement

BIEN choisir un format de téléchargement qui soit compatible avec les systèmes de vos utilisateurs, afin de réduire au minimum les risques de problèmes et le temps passé en support.

BIEN écrire un installeur, cela rendra vos utilisateurs heureux.

PAS BIEN oublier que l’argent n’est pas la seule dépense. Votre temps est aussi un bien précieux.

Bien, vous avez eu une idée de logiciel, vous avez écrit le programme, et vous l’avez testé aussi rigoureusement que possible. Maintenant, vous devez préparer le fichier que les utilisateurs vont enfin télécharger.

Sous quel format voulez-vous que les gens téléchargent votre programme ? Il y a plusieurs options possibles, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients et il n’y a pas de choix idéal. Les trois options les plus fréquentes sont :

  • Images disque : plutôt sympa, surtout sous Mac OS X. Mais les nouveaux utilisateurs de Mac OS ne savent pas vraiment ce que c’est ou comment les utiliser. Si vous distribuez votre logiciel sous forme d’images disque, assurez vous que le serveur Web sait les gérer correctement. Gardez aussi à l’esprit que toutes les images disque ne sont pas utilisables sur toutes les versions de Mac OS. Les tests sont très importants à ce niveau.
  • Installeur : fournir un installeur est vraiment une bonne idée. Ils sont faciles à utiliser, faciles à créer et ils rendent les utilisateurs heureux. Les utilisateurs seront d’autant plus heureux si votre installeur ne nécessite pas de redémarrer leur ordinateur à la fin de l’installation et s’il est associé à un désinstalleur. Il y a des types formidables chez Mindvision, Aladdin, et Zero G qui proposent des installeurs avec licence gratuite pour les “petits” développeurs de sharewares.
  • Archives Stuffit : durant la décennie précédente, les archives Stuffit sont devenues le standard de fait pour distribuer du logiciel Macintosh sur Internet. Cela est devenu tellement standard que Apple fournit Stuffit Expander avec Mac OS X. La plupart des utilisateurs ont déjà utilisé des archives Stuffit et en sont familiers. Beaucoup de développeurs distribuent leurs produits sous la forme d’archives Stuffit qui contiennent un installeur. Cette combinaison est probablement la plus fréquemment rencontrée et celle qui provoque le moins de maux de tête pour les utilisateurs et, par conséquent, pour les développeurs.

Quelque chose d’important à propos de Stuffit : il fut un temps où le moindre logiciel fonctionnant sur Internet installait Stuffit Expander. Certaines de ces versions sont totalement incompatibles avec les archives créées par la dernière version de Stuffit. Problème : le système ne lance pas forcément automatiquement la version la plus récente de Stuffit Expander lorsque l’utilisateur double-clique sur une archive. Souvenez vous de cela lorsque vous assurerez le support auprès de vos utilisateurs (malgré cela, Stuffit reste un format très populaire et facile à utiliser). Vous trouverez plus de détails sur Stuffit et les types MIME un peu plus loin.

L’archive devra aussi inclure un fichier “Lisez moi” (voir prochain paragraphe.)

Anatomie du “Lisez moi”

Un bon moyen d’apprendre des choses sur les fichiers “Lisez moi”, c’est d’en lire. Non, je ne plaisante pas. Vous en trouverez toutes sortes de variétés, du fichier d’une seule ligne jusqu’au rouleau entier de papier toilette. Il y en a qui semblent interminables (cet article pourrait en être un !).

Voici des choses que les utilisateurs aiment retrouver dans un “Lisez moi” :

BIEN organiser le fichier “Lisez Moi” pour que les utilisateurs puissent facilement trouver les informations qu’ils recherchent.

  • Le nom du logiciel.
  • Le nom de votre société.
  • L’URL de votre site, directement cliquable si possible.
  • Une brève description de ce que fait le logiciel.
  • Les coordonnées du support client (email, adresse postale, numéro de téléphone, etc…)
  • Une liste des fichiers contenus dans l’archive et à quoi ils servent.
  • Des instructions pour enregistrer le shareware.
  • Le prix du produit.
  • Comment installer ET désinstaller.
  • Lisez vous bien ces lignes?
  • Des instructions de base pour utiliser le logiciel.
  • Une liste des changements intervenus depuis la première version du logiciel (un nombre surprenant d’utilisateurs aiment bien trouver ce genre de détails).
  • Un avertissement légal.

Sachez que TextEdit.app de Mac OS X peut ouvrir des fichiers SimpleText en lecture seule (de type ‘ttro’) sans avoir à lancer Classic.

Un autre format adapté pour les fichiers “Lisez moi” est le HTML. Le problème avec le HTML, c’est que sous Mac OS 9 ou des systèmes plus anciens, le navigateur correspondant à la signature du fichier HTML n’est peut-être pas installé. Et si l’utilisateur double-clique sur l’icône du fichier, il peut y avoir une erreur. Sous Mac OS X, puisque les signatures ne sont plus nécessaires, cela n’est pas un problème.

Vous pouvez aussi envisager de placer votre documentation sur un site Web: en effet, des corrections de dernière minute sont impossibles une fois que la documentation est installée sur l’ordinateur de vos utilisateurs. Il y a aussi beaucoup d’utilisateurs qui aiment avoir leur documentation sous forme imprimable: le format PDF est idéal pour ça.

Créer votre boutique (Le site Web)

Le marketing, ça peut être marrant. Vous allez pouvoir exercer vos talents dans ce domaine sur le même support où l’on trouve des choses comme des produits d’assurance automobile, des sociétés de crédit et des trucs comme Foam Bath Fish Time (l’heure dans le Monde affichée avec des petits poissons !) : ce support, c’est l’Internet.

Pas de panique. Il n’y a rien qui vous oblige à avoir un site Web avec 50 pages avec des références croisées dans tous les sens ou des animations GIF avec des personnages de dessins animés en train d’utiliser votre logiciel (quoique ce serait plutôt sympa, non ?). L’idée de base pour créer un site Web en partant de zéro, c’est un peu la même chose que créer une version 1.0 d’un logiciel, celle dont je vous ai déjà parlé: “faire simple, sans prétentions”. Un site Web, comme un programme, peut évoluer en fonction des besoins et peut changer très rapidement en fonction de la réponse des utilisateurs. Comparez ça à un morceau de terre glaise qui ne durcirait pas: si elle n’a pas la forme désirée au début, vous pourrez toujours la façonner et l’arranger plus tard.

Une autre bonne raison de garder votre site Web simple au début, c’est qu’il ne sera pas encombré d’informations dont les utilisateurs n’ont rien à faire. Ajoutez seulement les rubriques et les informations dont les utilisateurs ont réellement besoin. Ainsi, votre site Web fera ce qu’il est censé faire: permettre à vos utilisateurs de trouver rapidement les informations dont ils ont besoin, et leur laisser du temps pour faire autre chose dans la vie.

Les rubriques de base

Ci-dessous sont listées les quatre rubriques de base que les gens s’attendront à retrouver sur votre site Web:

  • Accueil: depuis l’Accueil, on trouvera des liens sur toutes les autres sections et sur les produits.
  • Assistance ou Support: ces pages de l’Assistance devront contenir les adresses d’email et peut-être aussi les Foires Aux Questions (FAQ).
  • Achat: instructions et liens vers votre boutique en ligne (voir plus loin dans cet article).
  • Produits: des informations descriptives et des liens pour les téléchargements. Les descriptions de produits ne devront pas dépasser deux phrases.

À ces rubriques, vous pourrez ajouter ce que vous voulez. Si, par exemple, vous recevez beaucoup d’emails pour vous demander qui vous êtes, ajoutez une rubrique « Quis suis je ? ». Ne soyez pas timide. Votre site devra évoluer en fonction de la demande de vos utilisateurs, sur quelque sujet que ce soit.

Lors la conception du site, assurez vous que les liens sont bien visibles et évidents. Les utilisateurs ne sont pas censés lire dans vos pensées (ça, ils ne peuvent pas le faire !).

Il n’y a pas une unique et bonne façon de concevoir un site Web, de la même façon qu’il n’y a pas une unique et bonne façon d’arranger une vitrine. Baladez vous près de chez vous et vous verrez des centaines de devantures, toutes uniques, toutes en concurrence avec les autres. Il n’y a pas de limite dans ce que vous pouvez faire sur votre site Web.

BIEN se rappeler qu’il n’y a pas une seule façon de faire un site Web. L’aspect général et la façon dont il est perçu dépendra avant tout de vos propres goûts.

BIEN butiner sur le Web. Il y a plein de superbes sites desquels s’inspirer.

PAS BIEN encombrer votre site Web d’informations inutiles.

Les outils pour vous aider

Utilisez autant d’outils que vous pourrez pour vous aider à créer votre site Web. Les liens relatifs sont difficiles à gérer, mais des outils comme BBEdit de Bare Bone rendent cela plus facile. Il en est de même pour importer des éléments communs en un seul clic de souris. Les outils sont là pour que vous les utilisiez et vous éviter des maux de tête.

Les graphismes

Si vous n’êtes pas doués pour le graphisme, cherchez un artiste dans votre voisinage pour vous donner un coup de main. Un graphiste vous demandera entre 20 et 60 $ de l’heure. Si vous êtes totalement dénué de tout talent artistique (comme la plupart d’entre nous), vous serez probablement amené à expérimenter la collaboration externe.

Des petites copies d’écran de votre logiciel en action aideront les utilisateurs potentiels à se faire rapidement et facilement une idée de ce qu’il peut faire. Quelquefois, une image vaut mieux qu’un long discours (je sais, ce n’est pas très original…).

Le fournisseur d’accès Internet

Vous aurez besoin d’une certaines performances de la part de votre fournisseur d’accès Internet. Il y a des milliers de fournisseurs, avec plein d’offres différentes. La plupart des hébergeurs Web sérieux demandent entre 15 et 45 $ par mois, et certains vous factureront des frais de mise en place. Voici un certain nombre de choses à exiger de votre fournisseur:

  • Une bonne réputation. Fiez vous aux recommandations de vos amis.
  • Un accès FTP au répertoire d’accueil de votre domaine pour que vous puissiez transférer votre site facilement.
  • La possibilité d’éxécuter des scripts Perl pour envoyer des emails. Cela est important si vous voulez créer un formulaire Web et que vous voulez recevoir les résultats par email.
  • Plusieurs adresses d’email avec possibilité de transfert ou une seule adresse avec plein d’alias. Créez des adresses d’email séparées pour les communiqués de presse, pour l’assistance, pour les ventes. Ainsi, vous serez capable de filtrer les messages et vous organiser d’une meilleure façon.
  • Votre fournisseur devra être d’accord pour configurer les types MIME. Lorsqu’un serveur envoie une archive Stuffit au navigateur d’un client, le serveur l’envoie avec un type MIME. Il y a des types MIME spécifiques à certains fichiers Macintosh et ils ne sont pas toujours configurés par défaut.
  • Un espace disque relativement important. Une société de sharewares « standard » peut utiliser jusqu’à 50 Méga octets de disque. Quand vous calculerez la taille nécessaire, n’oubliez pas de compter la taille des archives, des versions localisées de ces mêmes archives et des éléments graphiques. Souvenez vous aussi que jamais personne ne téléchargera tout ça. L’espace disque ne sera donc pas nécessairement proportionnel au temps requis pour charger vos pages Web.
  • Des possibilités de sauvegardes, alimentation d’urgence (en cas de coupure de courant) et des liaisons Internet redondantes.
  • Si vous prévoyez d’utiliser beaucoup de scripts, vous aurez besoin d’un fournisseur qui permette de gérer PHP et mySQL.

Pulver Technologies est un fournisseur d’accès performant et sympa. Leur temps de réaction est excellent et ils résolvent très vite les problèmes. Quoique, une fois que vous êtes inscrit, Pulver Technologies est plutôt du genre “self service”.

Les formulaires Web

BIEN créer un formulaire Web pour recueillir les adresses d’email de vos clients afin de pouvoir les avertir des nouveautés et des mises à jour.

BIEN créer un formulaire Web pour que les utilisateurs puissent modifier leur adresse d’email dans votre base de données.

BIEN se rappeler qu’un simple formulaire Web vous enverra les données par email dans un format spécial. Typiquement, ce format sera le « formmail cgi », qui est reconnu par la plupart des fournisseur d’accès..

PAS BIEN ne pas respecter la vie privée de vos utilisateurs.

C’est plutôt surprenant de voir que tant d’utilisateurs aiment être informés sur les nouveaux produits et les mises à jour. Mettez à leur disposition un simple formulaire Web pour collecter ces demandes d’information. C’est gratuit, facile, et cela vous donnera une liste des gens qui sont réellement intéressés par vos produits.

En marketing, il est intéressant de savoir comment les gens ont entendu parler de vous. Ainsi vous saurez sur quelles sites vos utilisateurs trouvent leurs informations et vous pouvez être certains d’envoyer les prochains communiqués à ces sites qui vous ont permis de vous faire connaître (mais seulement si vous avez obtenus leur accord, bien sûr).

Confidentialité

L’idée des formulaires Web nous amène à notre prochain sujet: la confidentialité. Ne vendez, ni ne donnez vos listes d’adresses d’email à personne. Tout ce que vous gagnerez, c’est de mettre en colère vos utilisateurs. En plus, vous seriez surpris d’apprendre combien de gens utilisent des adresses spéciales pour savoir à qui ils ont donné leur adresse. Ainsi, si leur adresse d’email est spammée, ils seront capables de remonter jusqu’à vous. Et ça, ce n’est pas bon pour vous.

Rédigez quelque chose sur votre souci du respect de la confidentialité et oubliez à tout jamais l’idée de divulguer des informations privées. C’est bien mieux pour tout le monde.

Distribution

Ce qui suit concerne la distribution effective de votre logiciel.

Le téléchargement

Offrez deux (ou plus) sites miroir depuis lesquels les utilisateurs pourront télécharger votre logiciel. Nous sommes sur Internet. Les serveurs tombent. Et les liens avec.

Taille de téléchargement

Les utilisateurs doivent télécharger vos archives. C’est donc une bonne idée de vous assurer que vos archives ne dépassent pas la taille qu’un utilisateur moyen est capable de télécharger en 20 minutes en étant connecté par modem. Les téléchargements d’archives trop grosses sont souvent annulés ou tout simplement ignorées par les utilisateurs.

Les numéros d’enregistrement

BIEN utiliser des codes d’enregistrement courts.

BIEN utiliser seulement des chiffres.

BIEN utiliser seulement un bit dans votre code d’enregistrement pour un champ binaire.

BIEN faire attention aux caractères Unicode pour les systèmes étrangers. Ils apparaîtront dans des champs que vous le vouliez ou pas.

BIEN s’assurer que vous pouvez écrire vos codes d’enregistrement dans d’autres langages que le C ou le C++.

PAS BIEN oublier de tester votre code.

Quand un shareware est effectivement vendu, l’information qui est transférée depuis la compagnie vers l’utilisateur final, c’est le numéro d’enregistrement. Cela se fait le plus souvent par email. En utilisant un mécanisme prédéfini, les utilisateurs entrent les numéros d’enregistrement dans le logiciel pour étendre la durée d’utilisation du logiciel indéfiniment. Les numéros d’enregistrement peuvent être générés à la volée par la compagnie qui gère vos ventes (voir dans le prochain épisode). Mais du point de vue de la programmation, il y a un certain nombre de choses que les développeurs de sharewares voudront incorporer dans leurs algorithme de génération de numéros d’enregistrement :

  • Un numéro de série unique et généré séquentiellement.
  • Le nombre d’unités achetées.
  • Un code spécial pour identifier le produit acheté.
  • Une somme de contrôle (”checksum”) sur le nom de l’utilisateur et le nom de sa société.
  • Une somme de contrôle sur le numéro d’enregistrement lui-même.
  • Un numéro de version.
  • Un identifiant du système d’exploitation et de sa version (pour que, par exemple, on puisse distinguer les numéros d’enregistrement pour une version Mac et une version Palm).
  • Un numéro aléatoire pour dissuader les pirates naïfs. Ce numéro est quelquefois appelé “salt” dans les milieux du cryptage.
  • Une date de génération du code.
  • Des informations sur la date d’expiration.
  • Un code décrivant le moyen utilisé pour la vente.
  • Un code pour identifier un éventuel intermédiaire (quelquefois, les utilisateurs se retrouvent sur votre site en passant par un tiers).

Il y a plein de petits trucs auxquels on ne pense pas. Par exemple, n’oubliez pas que sur certains systèmes étrangers, les noms d’utilisateurs et de sociétés peuvent être codés en caractères Unicode. En évitant les lettres dans les codes d’enregistrement, cela réduira les problèmes et le nombre d’emails échangés. Les utilisateurs sont souvent, et à juste titre, perplexes devant le caractère “L” minuscule, le caractère “I” majuscule ou le chiffre 1. Même chose pour le zéro et le “O” majuscule. Utiliser uniquement des chiffres permet d’éviter totalement ces problèmes.

‘fprefect’ de chez Ambrosia Software a écrit un excellent article qui détaille le mécanisme d’un numéro d’enregistrement en voie d’expiration.

En conclusion…

Nous avons vu beaucoup de choses dans cette partie. L’idée générale derrière la création de logiciels, le site Web et toute l’expérience de la vente, c’est de toujours faire simple. Les développeurs solitaires n’ont pas le choix. Ne paniquez pas: la plupart des choses dont je vous ai parlé sont optionnelles. Et la plupart sont à votre convenance personnelle.

La prochaine fois, nous clôturerons la série en discutant de la forme des communiqués de presse, des transactions commerciales, de l’assistance aux utilisateurs, un pense-bête pour le lancement du produit, quelques mots sur la localisation et ce dont vous aurez besoin pour travailler en dehors de chez vous.

Textes originaux en anglais sur O’Reilly : The Do’s and Don’ts of Shareware, Part 2 par Sanford Selznick

arlotti Développer sur Mac OS X ,

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