Pourquoi installer Linux sur un Mac ?
Ouais, pourquoi ? Un Mac moderne est livré avec le must de ce qui se fait sur Unix, n’est-ce pas ? Mais il y a pas mal de distributions Linux PPC que vous pouvez, si vous en ressentez le besoin, installer sur votre matériel Apple.
Dans mes efforts pour tenter de répondre à la grande question “Pourquoi ?”, j’ai contacté Kai Staats, co-fondateur et PDG de TerraSoft Solutions. je lui ai posé les questions qu’on lui avait déjà posées des centaines de fois avant pour connaître les raisons d’installer Linux sur un Mac. J’étais sûr que la dernière chose qu’il aurait souhaité faire était de retourner sur ce même vieux terrain avec un journaliste ignare. mais il le fit néanmoins. Je lui suis reconnaissant d’avoir accordé du temps à mes intrusions irritantes dans son planning.
Mon intention était de m’introduire dans la petite-mais-contente communauté Linux-sur-Mac. Je souhaitais découvrir ce qui les poussait à faire ce qu’ils font sur leur ordinateur.
Regardes juste autour de toi
Si vous avez assisté à l’un des rassemblements majeurs de geeks de ces deux dernières années, vous n’avez pu éviter de remarquer la déferlante d’utilisation du matériel Apple et de Mac OS X. Depuis qu’il est si solidement ancré sur Unix, avec une GUI attrayante par dessus, OS X a séduit une large gamme de programmeurs et d’écrivains techniques ; surtout parmis ceux qui n’ont aucune affection pour la manière Wintel de faire les choses.
Beaucoup d’entre eux sont restés sur Mac OS X parce que cela fonctionnait. Pas mal d’entre eux souhaitaient explorer des alternatives et installer l’OS de leur choix. Notre Edd Dumbill bien à nous guida la bande en 2002, lorsqu’il installa une ancienne version de Debian sur son iBook, simplement parce qu’il trouvait que le iBook avait la configuration qu’il souhaitait, pour un prix assez comparable à du matériel PC classique. Comme Dumbill disait dans son article à cette époque, “Mon intérêt avait été stimulé”.
De nos jours, il y a encore plus de gens dont l’intérêt a été stimulé de la même manière et j’ai voulu découvrir comment. Voici ce que j’ai trouvé lors de mes périnigrations.
Suppositions, mythes et réalités
Voici une supposition largement répandues : Mac OS X est essentiellement un bureau Linux. D’une certaine manière, cela est vrai, mais les différences entre Mac OS X et de réelles distributions Linux sont importantes.
OS X n’est pas gratuit. Linux l’est. Mac OS X ne peut être personnalisé qu’en tenant compte des contraintes imposées par Apple. Linux peut être personnalisé extraordinairement plus, avec une bonne connaissance. Mac OS X nécessite du matériel Apple (la plupart du temps). Linux reste indentique qu’il tourne sur un PowerBook, un PC ou, ouais, même une Xbox.
Mac OS X a fait de grands pas en apportant un environnement basé sur Unix aux consommateurs, et a influencé les développeurs Linux dans cette voir, mais il ne doit pas être traité de la même manière. Il reste un système propriétaire et commercial. Juste un système qui repose sur plusieurs technologies gratuites et open source.
Mais quelque soit votre familiarité avec Linux, si vous lancez Mac OS X vous n’êtes pas en position de plonger en son coeur et et de fourrer votre nez dans entrailles. Vous souhaitez tripoter votre noyau Linux ? Allez-y, foncez, et bonne chance. Mais Mac OS X reste fermé à toute personne extérieure à Apple.
Il en suit que, ainsi, si le fait de pouvoir tripoter votre système d’exploitation a une importance à vos yeux, adopter Linux sur votre matériel Apple constituera un meilleur choix que Mac OS X, quelque soit son apparenté avec Unix. Et ceci est une bonne réponse à notre première question.
Une autre hypothèse : Mac OS X est facile à utiliser ; Linux est difficile à utiliser, surtout pour les débutants. Bien, j’ai testé cela récemment. J’ai montré un bureau Linux à une amie (ce Linux était Lycoris tournant sur un vieux PC, au cas où vous vous le demanderiez), puis je lui ai montré mon bureau Mac OS X. Mon ami n’avait utilisé que des ordinateurs Windows auparavant. Devinez quel a été le plus facile à utiliser à ses yeux ? C’est vrai, Lycoris.
Parce que tellement de distributions Linux et d’environnements fenêtrés ont fait tellement d’efforts pour que l’utilisateur aguerri à Windows se sente à l’aise, certaines ressemblent tellement à Windows que leurs différences en sont presque imperceptibles. Les utilisateurs Windows se sentent à l’aise en les observant. Tout est à l’endroit qu’ils l’attendent, tout se comporte de la façon à laquelle ils sont habitués. Ils se sentent rassurés en utilisant quelque chose de familier.
Mon amie n’était pas du tout détendue face à Mac OS X. Pourquoi ne pouvait elle pas faire un clic-droit sur des choses ? Pourquoi ne pouvait elle pas copier-coller ? (L’utilisation de la touche Contrôle est automatisée dans ses doigts—lorsque je lui ai montré la touche Commande, elle m’a rit au nez en disant qu’il était ridicule d’avoir une autre touche de modification à apprendre). Il y eu d’autres confusions, mais tout ceci se réduit au fait que, en tant qu’utilisatrice aguerrie à Windows, Mac OS X était complètement étranger et que les consommateurs Linux ressentaient presque la même chose.
Ainsi, vous pouvez arguer qu’il y a deux raisons convaincantes (bien que ce ne soit pas les seules) pour faire tourner Linux sur du matériel Mac : 1-Un meilleur niveau de personnalisation pour ceux qui y sont sensibles et qui savent comment faire, et 2-une plus grande similitude à Windows que ne le fait Mac OS X, pour ceux qui y sont sensibles et ne souhaitent nullement découvrir comment faire telle ou telle chose.
A quoi ressemble réellement Linux sur Mac ?
J’ai du trouver la réponse à cette question, j’ai donc installé Yellow Dog Linux 3.0 (YDL) sur un second PowerBook G4, juste pour voir ce qui allait arriver.
Presque tout se passa comme prévu. L’installateur est simple à suivre et à comprendre et effectue quelques petites demandes techniques auxquelles même le plus débutants des utilisateurs peut répondre.
Juste après mon test, Terra Soft a publié Yellow Dog version 4.0, basée sur Fedora Core 2.2. Elle comprend KDE 3.3 et GNOME 2.6.0, OpenOffice.org 1.1.1, Mozilla 1.7, glibc 2.3.3 et gcc 3.3.3. Note importante : Cette nouvelle version corrige beaucoup des problèmes que j’ai rencontrés lorsque j’ai testé la version 3.0. Gardez cela en mémoire si vous essayez Yellow Dog après avoir lu ça ; votre expérience sera bien différente de la mienne.
Mon installation sur un portable Mac a été assez directe, surtout parce que je n’avais pas à maintenir de partition pour Mac OS X. Le produit commercialisé est livré avec six disques—trois installations, trois sources—donc, tout ce que j’avais à faire consistait à insérer le Disque 1 et à redémarrer en maintenant pressée la touche C.
L’installation n’a été troublée que par un problème de reconnaissance de l’affichage par YDL. Le lancement de Xautoconfig n’e m’a pas aidé et pendant un moment la machine n’a fonctionné qu’en mode texte. Après être revenu sur le problème, il m’est apparu que le lancement de Xautoconfig en mode safe, puis avec le switch -fbdev, le força à écrire un nouveau fichier XF86Config. Après cela, la GUI vint à la vie.
Malheureusement, Apple n’a pas publié les sources de son logiciel modem et, Staats l’a dit “Le reverse engineering est quelque peu aléatoire”. En guise de résultat, il n’y a aucune prise en charge du modem interne. Si vous souhaitez de la connectivité, vous devez acquérir un modem externe USB ou disposez d’un réseau. Ceci dit, il y a quelques logiciels pilotes de modem disponibles mais leur fonctionnement n’est pas garanti sur toutes les machines.
Ces petits problèmes mis de côté, je me retrouvais à faire tourner Yellow Dog dans un temps remarquablement court. Puis je fus confronté à la question—et maintenant ?

Voici à quoi ressemblait mon écran juste après avoir démarré Yellow Dog la première fois.

Voici ce à quoi il ressemblait quelques temps après.
L’essence de tout nouveau système d’exploitation s’explique de soi-même à quiconque ayant une culture des ordinateurs. Il y a quelque part un gestionnaire de fichiers, quelque part un lecteur de CD, quelque part un éditeur de texte et un shell ou un terminal. Il y aura aussi certainement un système de gestion d’application, comme un dock (notez le ‘d’ minuscule) ou une barre avec des icônes dessus. Toutes ces choses sont présentes dans YDL/KDE et sont très compréhensibles, même pour un débutant. Je fus rapidement capable de passer à la vitesse supèrieure, d’explorer des applications et d’écrire des notes, en très peu de temps.
OpenOffice.org est aussi inclus, donc si je souhaitais commencer à créer des documents professionnels pour les partager sur un réseau, j’aurais aussi pu le faire.
D’un point de vue personnel
Je trouvai que Linux constituait un changement délicieux mais parfois frustrant. Très souvent, quelque chose ne fonctionnait tout simplement pas et je ne pouvais pas en trouver la cause. Des CD de musique que je ne pouvais pas jouer, des applications qui ne voulait pas se lancer et de mystérieuses latences (30 secondes pour lancer une fenêtre terminal ?). La frustration apparut lorsque je compris que la solution à un problème viendrait d’une petite correction à effectuer dans un fichier texte quelque part, mais que cela prendrait des heures de recherche sur Google ou de consultation des groupes de discussion pour trouver quelle correction et quel fichier texte.
Parmi les choses délicieuses, il y avait le très complet Control Center, me permettant de gérer pratiquement tous les aspects des réglages système et de l’apparence. Aussi, la parfaite intégration des outils système, tels que les touches de fonction de contrôle du volume et de la lumière du PowerBook, qui fonctionnaient sans problème, ainsi que l’ingénieuse utilisation de la touche F11 comme second bouton de souris, un truc auquel j’ai mis du temps à m’habituer mais dont il était facile de venir à bout.
La maintenance système était quelque chose qui m’ennuyait. Une tâche que je faisais tous les jours sur OS X, comme télécharger et installer de nouvelles applications, semblait larorieuse et difficile. Même en utilisant le logiciel de mise à jour yum intégré à YDL pour aller chercher et installer de nouveaux logiciels automatiquement ne fonctionnait pas aussi simplement que je l’espérais.
Par dessus tout, pour quelqu’un qui a passé des années à s’accoutumer à la mode Mac de faire les choses, le système présentait un certain nombre de challenges. Même l’utilisation de YDL pendant peu de temps me montra qu’il y aurait une bonne dose d’apprentissage si je décidais de m’en servir à plein temps. Les choses marchent bien dans Linux ; mais elle fonctionne simplement d’une manière différente.
Ce qui nous ramène au point de départ de cet article. Quelle motivation aurait un utilisateur Mac heureux pour passer à une distribution Linux comme YDL ? Pourquoi affronter cette courbe d’apprentissage ?
La meilleure personne pouvant répondre à cette question est Staats lui-même. Mais comme je l’ai indiqué au tout début de cet article, on lui a demandé cela une centaine de fois. Tous les jours. Depuis des années.
La meilleure réponse est souvent la plus simple
Staats insiste sur le fait que Yellow Dog Linux n’est pas à destination d’un type particulier d’utilisateur. YDL est conçue pour être un système qui fonctionne, de la même façon qu’OS X fonctionne. Vous n’êtes pas obligé de prendre cela à la lettre aussi. Un rapide coup d’oeil à quelques uns des rapports utilisateurs reçus par Terra Soft montre combien de gens ordinaires, la plupart étant des débutants qui n’avaient jamais rencontré Linux avant, se sont adaptées et ont adopté YDL avec passion.
Il dit de Yellow Dog, “Les CD, CD-RW, les appareils photo USB et les memory sticks, les disques FireWire, les imprimantes USB et réseau, pour la plupart, fonctionnent.”.
“L’installateur est, à mon avis, supérieur à celui de Mac OS X avec plus de champs disponibles pour l’interaction, le chois et une couche intelligente de réglages utilisateur qui permettent une installation vraiment personnelle.”.
“Alors que Mac OS X offre pas mal de sucreries visuelles, Linux aussi offre des menus transparents, des images flottantes et des interfaces colorées—si l’utilisateur les désire. Linux offre plus d’options et plus de personnalisation.”.
Et comment Staats utilise lui-même l’OS ?
“J’ai un PowerBook 15″ aluminum. Je n’aurais jamais pensé que je pourrais abandonner un ordinateur de bureau complet avec plusieurs disques et plus de possibilités d’extensions mémoire … mais maintenant je ne peux imaginer que je pourrais y revenir. Je l’adore.
“J’utilise Yellow Dog Linux 99.9 pourcent du temps. J’utilise OS X (via Mac-on-Linux) pour l’édition audio (j’enregistre l’histoire de la vie de mes grands parents) et comme sauvegarde de ma partie YDL (montée à partir de YDL). C’est tout. Et bien que des logiciels d’édition audio de grande qualité soient disponibles pour Linux sur x86, je n’ai pas eu la chance d’explorer ce qui est disponible pour Linux sur PowerPC ou ce que cela pourrait nécessiter en termes de recompilation. Un bon projet de week-end.”.
Puis, nous arrivons au moment de prendre une décision :
“Hônnètement, cela revient à 1-comment l’OS est utilisé et 2-les préférences personnelles. Pour le point n° 1 : Apple s’est attachée à produire une GUI relativement inflexible au dessus de leur noyau UNIX, le rendant moins capable de se réduire à un très faible encombrement ou de se développer en cluster immense sans une bonne dose d’effort.”.
“Oui, OS X tournera sur 1.000 noeux, mais les performances deviendront moindre que celles d’un système Linux sans GUI et une image de noeud dénudée au minimum.”.
“Comme nos pages Web le disent, Linux est 100 pourcent open source. L’utilisateur final contrôle tout, pas seulement les derniers 15% .”.
“Linux est Linux est Linux sur toutes les architectures. Aprennez le une fois, utilisez le partout. Cela permet aux utilisateurs de nature geek ou non geek de s’assoire devant leur machine et de ne pas se soucier de la CPU. Travail efficace. Cela permet aussi le développement d’un code relativement simple qui peut être migré sur plusieurs systèmes. Cela veut dire que développer sur un Mac pour un périphérique PowerPC sans avoir à recompiler .. ou lancer Linux sur votre PDA juste parce qu’il est là. Je crois que les utilisateurs trouveront un sens à cela, même s’ils ne sont pas programmeurs, parce qu’ils ont au moins la perception de ce qui se cache sous le capot.”.
Quelle dose de contrôle souhaitez-vous ?
Nous y voilà. Si vous voulez quelques éléments de Linux—accéder à certaines capacités d’outils et d’environnements de développement, par exemple—ce dont vous aurez besoin est déjà compris dans Mac OS X.
Mais si vous souhaitez allez plus loin, prendre le contrôle au maximum de votre ordinateur, et de faire cela sur ce qui se fait de mieux en termes de matériel, Linux prend tout son sens sur Mac. Il offre le genre de système à faible coût, facile à utiliser et correctement extensible avec lequel l’offre commercial d’Apple ne peut rivaliser. Il offre un nouveau bail de vie aux matériels anciens et évite ainsi d’avoir à se battre sans arrêt contre les mises à jours d’OS.
Et n’oublions pas que Yellow Dog n’est en aucun cas la seule option possible pour ceux qui souhaitent faire tourner Linux sur leur Mac. Vous pouvez aussi choisir parmi Mandrake, Debian, le nouvel Ubuntu, et plein d’autres.
Tentés ?

Textes originaux en anglais sur O’Reilly : Why Install Linux on Your Mac? par Giles Turnbull
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